Acheter moins de tissus, mieux les choisir
Les conséquences désastreuses de l’industrie textile
J’ai été sensibilisée aux impacts socio-environnementaux de l’industrie textile outdoor pendant les 9 années où j’ai travaillé en lien avec ce secteur d’activité.


C’est donc un sujet important pour moi qui m’a orienté vers une autre manière de concevoir et utiliser l’habillement textile.
Je me sens concernée par cette problématique environnementale et j’ai l’envie d’agir à mon niveau.
Je pense que chaque acte compte, si chaque citoyen s’engage à sa manière et selon ses possibilités à réduire sa propre pollution, alors à l’échelle collective, les choses peuvent changer et s’améliorer.
La priorité dans ma démarche de création de mes propres patrons et vêtements est de diminuer au maximum mon impact environnemental sur notre planète.

En effet, l’industrie textile est la 2ème la plus polluante au monde, après celle du pétrole : une aberration quand on sait qu’une grande partie des vêtements achetés ne sont pas portés ou tout au plus une dizaine de fois et finiront détruits ou jetés !
L’industrie textile c’est par exemple :
- 100 milliards de vêtements vendus dans le monde chaque année.
- 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre.
- 4 % de l’eau potable disponible dans le monde, à l’heure où l’on commence à parler de la guerre de l’eau…
- 500 000 tonnes de microparticules de plastique rejetées dans les océans chaque année, en cause : les fibres synthétiques fabriquées à partir du pétrole et qui relâchent en supplément des microfibres de plastique à chaque lavage.
- L’exploitation intensive des sols, de l’agriculture, des produits chimiques, des pesticides comme la production de coton par exemple.
- L’exploitation intensive et la maltraitance animale (dans le but d’utilisation des différentes laines, des cuirs).
Plus de détails et chiffres dans l’étude très intéressante de l’ADEME.

Boycotter la fast-fashion
Cela fait plusieurs années que je boycotte les magasins de vêtements spécialement ceux de la fast-fashion.
Ces habits de très mauvaise qualité finissent sûrement comme déchets soit enfouis soit incinérés ou expédiés au Ghana où ils seront entassés sur les plages en une véritable déchetterie à ciel ouvert.
Ce pays est considéré comme une poubelle par les occidentaux, c’est une des hontes de l’industrie de la mode.
Un court reportage prouve le désastre écologique et humain d’un tel comportement.
D’ici quelques années, cette consommation effrénée est vouée à disparaître face à la prise de conscience environnementale qui modifie les comportements de consommation et c’est tant mieux.

Sortir de la surconsommation
Acheter uniquement ce dont on a besoin, ce qui est utile et nécessaire, le sens est là.
L’achat compulsif ou impulsif n’a jamais rendu heureux : c’est un assouvissement d’un désir fugace, qui disparaît une fois rentré(e) chez soi avec ses emplettes.
Par contre, créer son habit est tellement satisfaisant, enrichissant, suffisant à ses besoins vestimentaires.
C’est un acte mesuré dans la consommation des matières premières et qui est porteur de valeurs profondes.
Pourquoi se priver d’essayer de créer ses vêtements ? Tout le monde en est capable avec de la patience, de la persévérance, de la motivation et du temps.
Créer ses propres patrons et ses vêtements
En devenant acteur au tout début de la chaîne de production d’un vêtement, la maîtrise de nos actes, de nos choix nous appartient et on peut ainsi agir en étant soi-même avec ses propres valeurs.
Qu’on soit conscients du fonctionnement du monde de la mode, des conséquences dramatiques de l’homme sur son milieu naturel, qu’on se sente connectés à la nature, aux animaux.
On ne peut d’ailleurs que se réjouir de la décision du groupe mondial de luxe Kering de cesser entièrement l’utilisation de la fourrure animale à partir de l’automne 2022 : une grande décision pour un début d’évolution de transformation positive dans l’approche du milieu de la mode.
Beaucoup de raisons aujourd’hui justifient un changement nécessaire de comportement vestimentaire.
Chacun est concerné, chaque petite action est importante au niveau planétaire.
Réduire sa consommation, repenser les vêtements est même une urgence face au dérèglement climatique et à la destruction effrénée de la planète depuis quelques décennies.

Le choix des matières premières
L’achat des matières textiles se situe dans les 1ères étapes de la chaîne de création d’un vêtement et cet acte est d’autant plus essentiel qu’il sera ou non la source de toute future pollution environnementale, sociale et sanitaire.

C’est donc un défi pour moi de toujours sélectionner des tissus de qualité pour leur durabilité et leur source de production :
- soit des tissus naturels neufs comme le coton de production biologique, le lin, le chanvre ou ceux certifiés d’un label fiable comme les plus connus :

Le label GOTS : Global Organic Textile Standard est la référence en matière de textiles biologiques.
Cette certification englobe des exigences environnementales, sociales, de santé, de qualité.

Le label OEKO-TEX certifie la qualité des textiles, il n’est n’y d’ordre environnemental ni social.
Bien sûr il en existe beaucoup d’autres que vous pouvez trouver sur le web.
- soit des tissus issus des stocks dormants, que l’on peut trouver sur le site web de mylittlecoupon, de Torretto Tessuti etc où l’intégralité des matières proposées sont issues de fins de stock de maisons de haute couture et prêt-à-porter haut de gamme françaises et italiennes, rien n’est produit, tout est issu de fin de séries.
- soit de recycler des anciens vêtements qui ne sont plus utilisés, des anciens draps, des rideaux etc, d’acheter en friperies, en recycleries, en dépôts-ventes, sur des sites de ventes d’occasion comme vinted pour en créer de nouveau dans l’esprit *upcycling1.
Et vous, vous commencez quand cette belle aventure ?
- L’upcycling ou « surcyclage en français » est le fait de recycler des matières, matériaux ou objets destinés à être jetés en de nouveaux produits avec une valeur supérieure à l’initiale. ↩︎